YOU KAI - UNE FABLE DYSTOPIQUE
Sur une aire d’autoroute du Nord de la France, une famille française en voyage
vers l’Angleterre se réveille dans son camping-car et s’apprête à prendre son petit déjeuner lorsqu’un flash info radio sur la situation humanitaire alarmante des jungles de réfugiés du Nord de la France fait irruption. Agacée, Sylvie, la mère de famille, demande à son époux de changer de station de radio – elle ne veut rien entendre du malheur des migrants - c’est les vacances après tout. Fait étrange, malgré les efforts répétés de faire taire le flash info radio, celui-ci ressurgit à plusieurs reprises. L’histoire pivote alors vers la forêt bordant l’autoroute. Une forêt mystérieuse, animée d’appels de miroirs. Une forêt qui nous appelle.
A deux pas de l’aire d’autoroute, au beau milieu de la forêt, Hana, jeune migrante
mineure isolée (sur-)vit à ciel ouvert dans le camp pour réfugies - la « jungle ». Comme des milliers d’autres migrants, elle rêve de passer en Angleterre – UK – «You Kai» - , mais la frontière est fermée. Hana est perdue, bloquée dans la jungle, l’enfer sur terre, dans des conditions inhumaines. Terrifiée par les conditions de vie qui règnent au camp, malmenée et harcelée par les passeurs la nuit, elle bascule alors dans son imaginaire, seul échappatoire, et entreprend un voyage imaginaire vers l’Angleterre. La Mer du Nord face à elle, 34 km la séparent de son pays d’accueil fantasmé. Installée sur une balançoire accrochée à nuage, elle entame son voyage au-dessus de la Manche. Son rêve est à bout de bras, elle est heureuse. Mais la réalité la reprend, le soleil cède à la tempête qui se lève, qui gronde : l’Angleterre ne veut pas d’elle non plus.
You Kai est une fable métaphorique, dystopique et sans concession sur l’Europe-forteresse, la fermeture des frontières et ses conséquences dramatiques pour les migrants en transit et plus universellement sur notre incapacité à voir la violence qui nous entoure, sur notre indifférence.
« La fiction est le mensonge par lequel nous disons la vérité. » Albert Camus.